Commune d'Armissan

Armissan


Le village

Niché au coeur de la clape, Armissan et un village paisible au centre d'un milieu naturel protégé. Peu de nuisance sonore et une nature abondante en font un cadre de vie privilégié.

A faible distance de Narbonne et de la mer, son emplacement géographique conviendra aussi bien aux travailleurs qu'aux vacanciers!

Le chateau d'Armissan

La « Cour du château vieux », dans un recoin de la place du village, laissse le visiteur perplexe. Ou se trouve le vieux fort medieval ? Il n' en reste rien. En 1736, il était dans un tel état de délabrement que le Comte d'Albaret ordonna sa démolition. Tous les matériaux provenant de la démolition furent réemployés pour la construction du nouveau château. Messire Antoine-Marie de Ponte Comte d' Albaret, Seigneur d'Armissan, Combe longue, St Pierre Del Lec, Quatourze et autres lieux, Conseiller du Roy et Intendant du Roussillon, préside la cérémonie de la pose de la première pierre du château actuel, le 14 avril 1736 en présence du Sieur Cadas, architecte de la ville de Narbonne, de Monsieur le curé d'Armissan Raouls qui bénit la pierre et des consuls et conseillers de la Communauté d'Armissan:Comballer consul,Villebrun consul Vie consul, et les conseillers Coural, Durand, Poumarede, Gairaud, Caumel, Audie, Becus Romain, Deveze, Burges, Gazel, Monbrun et Ferrier greffier.
Au XIX" siecle, la Seigneurie appartient à Yacinthe de Latenay puis à Jules-Antoine Sebastien Vie Anduze, Maire de Narbonne sous le Second Empire. Au xxe siecle, le chateau est restauré entre 1910 et 1914. Marie Vie-Anduze, épouse de Louis Arnaud de Crozals, décède en 1949 sans posterité. Alberte Raspaud (1914-1996), fille de la gouvernante devouée Elodie Raspaud, épouse d'Edouard Barincou, hérite de tous ses biens en 1949. La propriété viticole est vendue et le château est acheté par le Comité d'Entreprise Dassault de Toulouse (1979-1992). En 1992, le baron Alain Duplessis de Pouzilhac achète le chateau et le restaure complètement. Tous les ans, vers le 15 août, la Mairie organise un repas spectacle dans le parc du château avec l' aimable autorisation du propriétaire.

L'Eglise

Après la destruction par les bandes mercenaires a la solde du Prince Noir (1355) du Prieuré de St Pierre del Lerc, une autre église fut construite près du fort: c'est l'église St Etienne. Les registres du Vatican détiennent un procès verbal de 1404 mentionnant l'église St Etienne d'Armissan L'église église paroissiale dudit lieu, bien qu'auparavant l'église paroissiale fût celle de St Pierre del Lec. La construction de la nouvelle église est l' oeuvre de la famille de Beaumont.

En 1729. la neige fut si abondante qu'elle fit crouler l'église. C'est l'architecte du château Antoine Cadas qui établit les plans de réparation. En 1732, l'église est dotée d'une cloche en bronze.
Le 22 Prairial An VIII (10 juin 1799) le prêtre jureur Antoine Hercule Rollan doit dire la messe dans la grande salle du château attendu qu'on ne peut entrer dans la ci-devant église paroissiale, qu'une partie d'icelle a croulé et qu'elle menace d'une ruine totale.
La restauration est realisée sous Consulat. En 1865, l'architecte Cambriels construit la façade et la coupole actuelle avec son clacher octagonal. En 1904 1e curé Labat fait construire un autel en marbre blanc de Carrare, orné de fines mosaïques vénitiennes et de colonnettes en onyx. L'appui de communion est dans le meme style avec des colonnettes en marbre vert pyrénéen de Campan. La loi de séparation des églises et de l'Etat (1905) permet à la commune de devenir propriétaire de l'église et du presbytère.

Le presbytère etant confisqué, c'est une généreuse paroissienne Mlle Emilie Bécus qui offre au curé la maison de maître située près de la mairie.

Dans l'église, derriere l'autel trône un tableau de 1634, representant St Pierre et St Etienne, oeuvre d' Antoine Rodière. Les deux tableaux latéraux représentent St François d'Assise et St Jean l'Evangéliste. Une statue du XVIe de St François d'Assise en bois doré et polychrome a été restaurée en 2005. Récemment, la mairie a realisé des travaux de restauration importants pour sauvegarder Le patrimoine communal.

La muraillasse

La « Muraillasse » est le nom actuel d'un lieu-dit près du domaine de Cazeneuve. C'est à cet endroit que fut construite une chapelle au IXe siècle. Elle est modeste. Peu après, un prieuré y est ajouté et dépend de l'abbaye de Lagrasse. Au XIIIe siècle, la chapelle de Saint Pierre est remplacée par une église plus vaste consacrée aux apôtres Saint-Pierre et Saint-Paul. C'est de cette église dont la tradition locale nous dit qu'elle était commune aux deux paroisses d'Armissan et de Vinassan. Un incendie perpétré par les troupes du Prince de Galles l'aurait détruite, en 1355.

La « Muraillasse », le mur de l'église encore en élévation, borde la route, mesurant 10 mètres de long et plus de neuf mètres de haut pour une épaisseur 1,40 mètres. Il subsiste l'ancienne porte sur laquelle se trouvent les vestiges d'une bretêche, reposant sur un arc surbaissé, sur deux encorbellements constitués par quatre corbeaux.

Les moulins

Le village d'Armissan possède encore les reliques de trois moulins à blé :
  • le moulin de Rossignol (1799)
  • le moulin de Catou (1802)
  • le moulin bas (1824)
Le propriétaire du moulin de Rossignol, Joseph Vidal était parait-il toujours gai et sifflait comme un rossignol en surveillant ses meules. Le propriétaire de Catou était un sage, un homme cultivé à qui les villageois s'adressaient pour demander conseil. 1l était surnommé Catou, comparé à Caton l'Ancien de Rome. Catou est la déformation de Caton.Les meuniers formaient une caste à part dans la population des villages. Souvent, on se mariait entre familles de meuniers. Les meuniers étaient plus riches que les autres villageois. Ils avaient des charrettes, des chevaux, des mu1ets, des ânes.Avec leurs déplacements dans les villes avoisinantes pour leur commerce ou leur matériel à remplacer, ils étaient beaucoup plus ouverts sur l'avenir et les nouveautés que les autres villageois. Ils étaient propriétaires de leurs moulins et des terres environnnantes.
Pourquoi à Armissan a-t-on construit 2 moulins à 3 années d'intervalle ? (1799: Rossignol sous le Directoire et 1802: Catou sous le Consulat)
Le gouvernement autoritaire de Bonaparte invite la paysannerie à produire plus de céréales. En effet, les préfets (1800) dictent à chaque commune le nombre d'hectares de blé à cultiver.Bonaparte réussit à mettre fin aux crises économiques cycliques qui ruinaient le pays, à cet enchaînement imparable : gel, grêles ou sous-production agricole entraînaient une crise de sous-consommation artisanale et industrielle débouchant sur une crise sociale.En augmentant les surfaces cultivées en blé, on obtient des surplus qui sont stockés pour venir combler le deficit des mauvaises années. On évite ainsi que le prix du blé double, selon la loi de l'offre et de la demande. N'oublions pas qu'à l'époque, la nourriture de base du monde rural (80 % de la population) était le pain et autres préparations à base de farine (gaufres, crêpes ... etc.).
Si les riches pouvaient suivre les fluctuations du prix du pain lors des mauvaises récoltes, par contre le « menu peuple » (brassiers, journaliers, manouvriers, valets de labour...) vivait dans la misère.La popularité de Bonaparte devenu Napoléon en 1804 vient surtout de la stabilité économique qu'il a instaurée et du « pain à bon marché » plus que de ses succès militaires.De plus, Napoléon avait besoin de soldats bien nourris et solides pour conquérir l'Europe.

Parlons enfin du moulin le plus récent: le moulin bas, encore en bon état. Une fleur de lys borde la date: 1824 .Nous sommes sous la Restauration et c'est aussi la date de la mort de Louis XVIII. Même si le fondateur du moulin n'était pas royaliste, par respect pour les autorités du moment, il se devait d'arborer les armoiries des Bourbons.

Les carrières d'Armissan

Le voyageur qui passe à Narbonne et qui s'intéresse un peu aux curiosités de la nature fera bien de descendre jusqu'à Armissan, car une agréable surprise lui est réservée dans cette localité. Le village est bâti au pied des montagnes de la Clape, qui l'entourent d'une ceinture aride et rocailleuse, excepté du côté de Narbonne ou la plaine couverte de riches vignobles offre un agreable coup d'oeil.

Arrivé à Armissan, on ne doit pas manquer de visiter les carrières de pierre exploitées pour la construction d'escaliers. Les dalles, lorsqu'ellles sont polies, ont une belle teinte d'un gris bleuâtre et l'aspect du marbre.
II existe trois carrières semblables : celle du Sud est la propriété de MM. Capide et Revel; au Nord, on en voit deux très voisines 1'une de l'autre : la première, en venant du village est à MM. Alengry et Deveze, et l'autre à M. Bousquet.

Les opinions varient en ce qui concernent l' époque de formation de ce dépôt, entre Eocéne (- 65 millions d'années) et oligocéne inférieur (- 35 millions d'annees). l' épaisseur de l'assise exploitée est de vingt-huit centimètres. Elle se divise naturellement en deux bancs d'épaisseur à peu près égale, se partageant chacun en quatre lits qui, exposés à l'air, se divisent chacun en feuillets très minces ... 11 a fallu environ cent cinquante ans pour que le dépôt exploité pour les dalles se soit formé.
Dans la galerie, le travail est pénible. « Le plafond n'avait qu'un mètre cinquante, et il fallait travailler à genoux et on n'avait que des outils à main avec leur manche en bois» . Après avoir extrait les couches friables, « le blot », on attaque la dalle à l'aide de barres à mine et de coins en fer, en fonction des dimensions requises. Cette dalle, « la lauze » mesure le plus souvent six à sept mètres de large sur un mètre cinquante à deux mètres de profondeur. L'étroitesse de la galerie ne permet qu'à deux ou trois ouvriers de travailler en front de taille. D'après M. Saccazes, il faut trois ou quatre jours pour détacher une dalle. Celle-ci est ensuite deposée à l'aide de rouleaux et de leviers sur un chariot circulant sur des rails. A l'air libre, un cheval actionne un manège qui fait remonter le chariot vers l'atelier.
Une fois arrivée à l'atelier, la dalle est déposée sur un plancher et taillée sur mesure, selon les dimensions des marches d'escalier à réaliser. Elle est aussi taillée en epaisseur. Une dalle, d'une superficie généralement d'environ dix metres carrés, peut se diviser en six ou sept couches d'environ quatre centimètres d'épaisseur. Dans un mètre carré, on peut tailler deux marches et leurs contre marches. Une dalle normale peut donc fournir quelque cent quarante marches.

Pour découper la dalle, on utilise des scies plutôt « rudimentaires, barres d'acier de deux ou trois centimètres d'épaisseur, assez hautes et assemblées par une autre tringle d'acier » actionnée par une machine à vapeur. Afin de faciliter le travail de la scie mais aussi pour lutter contre la poussière, qui aurait rapidement rendu l'atmosphère de 1'atelier irrespirable, des femmes, voire des enfants, versent sur la dalle de l'eau et du sable fin.
Elles seront chargées ensuite, à l'aide de sable, de gravier fin et de pierre ponce, de polir les marches et d'adoucir les arrondis.
En plus du contremaître qui dirige le travail dans la carrière et l'atelier, on compte trois ouvriers en front de taille, un mécanicien, un homme a la raboteuse, un manoeuvre, deux polissseuses et leurs enfants pour servir les scies.
Aujourd'hui, tout signe extérieur témoin de cette époque a disparu. Les galeries ont été inondées, les entrées comblées. Que reste-t-il de tout cela? Des escaliers bien sûr, dans les maisons de maître du village et de la région, mais aussi des documents, qui permettent de faire revivre pour les Armissanais du XXIe siecle un peu de l'histoire de notre village : plans actes notariés, factures à en-tête joliment illustrés, cartes postales anciennes représentant les ateliers. II reste sur une plaque l'inscription « Rue de la caserne ». Et, si vous vous promenez aux abords du stade, ou en montant le chemin des Clottes, vous retrouverez, comme le dit si bien Mme Broqua « des vestiges de ces dalles que l'on rencontre au detour des cheemins, sous forme de murets de pierrres sèches. Elles sont le décor de notre plaine, du bord de nos vignes ; elles font partie de notre paysage de tous les jours, des Poujols à Pech Cabanel, dans tout le village d'Armissan ».

La mairie

1883, c'est la date affichée sur le frontispice de la mairie d'Armissan qui était autrefois l'école communale « laïque, gratuite et obligatoire » decretée par le gouvernement de Jules Ferry en 1881. Il va sans dire qu'avant la IIIe République, Armissan possédait une école, mais payante.
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